Comment le résumer mieux que par l'une des définitions laissées par kano lui même sous forme d'une calligraphie figurant toujours au Kodokan actuel, et où on peut lire:"Jita- Kyoei", que l'on peut traduire par "amitié et prospéritémutuelle". Ce n'est pourtant pas là la préoccupation la plus évidente d'une méthode de combat! C'est bien en cela que le judo est une "voie" et non plus seulement une technique comme n'importe quel Jiu-jiitsu d'antan.
Le judo est un principe général de la vie, de faire et de savoir faire. Il incite non seulement à une certaine flexibilité corporelle, qui rend capable de se soustraire à une attaque, mais aussi à une souplesse mentale, qui permet de tirer le meilleur parti d'une opportunité. Dans la percpective d'un combat mais aussi, par delà cette préoccupation première, primitive, dans l'optique d'un affrontement avec n'importe quel problème qui peut se présenter dans la vie quotidienne. Tel est "le principe de la souplesse" (Ju-no-ri) mis en avant pas Kano.Cest le sens de toute son emprise, le message de l'héritage qu'il a laissé. Il n'a fait que reprendre, en posant en axiome central de sa méthode, une antique conception chhinoise de l'univers, qui ramène le monde et toutes choses en ce monde à un équilibre permanent entre un "principe possitif" (Yang ou Yin, ou Omote en japonais) et un "principe négatif"(Yin ou Yo ou Ura en japonais), entre ce qui est dur "Go" et ce qui est souple "ju". Ce vieil enseignement du sage chinois Lao-Zi était connu du Kito-ryu-jiu-jitsu, où Jigoro Kano appris les rudiments de l'art (Ki = s'élever: référence au Yang, possitif; To = s'abaisser: référence au Yin, négatif).
Prtiquer le judo dans les règle de l'art, c'est donc " céder pour mieux vaincre", utiliser sa faiblesse momentanée comme une force capable d'emporter l'adversaire sur sa propre action, agir en harmonie avec lui, le tirer quant il pousse, le pousser quant il tire... pour cela, il faut le concevoir dans sa tête, puis l'appliquer avec son corps. On trouve deux formules antérieures à Kano pour rappeler l'évidence pour qui sais voir:
- Ju-yoku-go-o-sei-suru: la souplesse maîtrise la dureté
- Karada-so-shite-seishin-ni-jujun-narashimeru-jitsu. l'art de rendre le corps obéissant à l'esprit
L'efficacité est à ce prix. Plus loin, ce que le judo aura permis d'expériementer, jusque dans les dernières fibres de son corps, pourra être transposé et appliqué dans la vie quotidienne. Le judo est une technique du corps débouchant sur une dimension spirituelle bien insoupçonnée au départ. Et, derrière son pragmatisne apparent, au premier degré, il permet à l'esprit de découvrir la paix et la force de non-violence. on comprend mieux le "Jita kyoei" tracé par Kano.
A bout de la voie du judo, l'acquisition d'un ensemble de qualités morales, intellectuelles et physique, qui font la force d'un homme d'une femme responsable: coourage, volonté, sens de l'effort,perséverence, correction, droiture,habilitéé, sens de l'opportunité, maitrise de soi,intelligence du corps... au total, en toutes choses, l'efficacité rapide, précise, et sans violence inutile. Le judo est l'école de la vie. L'esprit judo est la sagesse qu'il faut tirer de l'étude de soi et des autres. Une noble ambition pour le judoka authentique.
T.inogai, R. Habersetzer